• M. Clérivet

Résidence a Amzer Nevez avec François Robin

Entre le 29 et le 31 janvier 2020, les étudiants en musiques traditionnelles du Pont Supérieur se sont rendus à Ploemeur, au centre Amzer Nevez, pour une résidence avec François Robin. Au programme un travail sur les enregistrements, les textures, la modification du son, les boucles et autres loops, octaveurs, etc.


François Robin est un musicien bien connu dans le vaste monde des musiques traditionnelles. Sonneur de veuze, il a développé depuis de nombreuses années un propos artistique autour de l'expérimentation sur le son et de l'utilisation des machines. Membre du collectif A la Zim! (http://alazim-muzik.com), il a à son actif de nombreuses créations dans lequel il explore soit en solo, soit en duo ou en petits collectifs, un univers qu'il a su créer, véritable pont entre les savoir-faire traditionnels, les musiques expérimentales et des univers poétiques qui lui sont propres.


Le Pont Supérieur a déjà travaillé avec François. D'une part, de nombreux étudiants le choisissent souvent comme référent, d'autre part, il est intervenu artistiquement, lors de TREUZKAS #2, journée consacrée au ponts entre les esthétiques des musiques traditionnelles et celles des musiques expérimentales, intervention réalisée en fin de la première table ronde de la journée.


https://www.lairedu.fr/media/video/conference/table-ronde-experiences-musiciennes/



Pour cette résidence de 2020, il a été demandé à François de prendre en main 12 étudiants du Pont Supérieur en DNSPM, pendant 3 jours, afin de les initier, de les faire travailler, réfléchir et réagir sur les musiques modifiées et l'utilisation des machines. La commande était de terminer ce travail par une restitution publique.


Le groupe d'étudiants était composé de 10 étudiants en musiques traditionnelles (L1, L2 et L3) ainsi que 2 musiciens L2 respectivement en musiques actuelles amplifiées et en esthétiques classiques à contemporain.


Les attentes et les bagages de chacun étaient très différents. Si certains avaient déjà travaillé avec des pédales d'effets ou des logiciels de traitement de son, pour d'autres en revanche il s'agissait d'une découverte. Ceci a constitué une gageure. En effet faire travailler un collectif important et dans un laps de temps contraint, sur un champs aussi vaste n'est pas chose aisée. Cela demande un temps d'expérimentation et de "bidouillage"important, impossible à procurer à chacun. Très vite des choix ont donc dû être opérés.


François a voulu évacuer la problématique du choix de répertoire en proposant la thématique calendaire. Il a demandé aux étudiants de se positionner sur un des 12 mois de l'année, en leur demandant de fournir un matériel sonore (chanson, air, ou autre) lié au mois choisis. Cela a permis ainsi à chacun de pouvoir choisir son matériau de base qu'il a pu proposé au collectif.


Chaque étudiant avait donc anticipé et est arrivé en proposant aux autres une ou plusieurs pièces. Chacun des airs a pu être choisi dans les premières heures de résidences, laissant libre cours ensuite à la création et à l'arrangement.


Devant la diversité des matériaux de base, devant la problématique des nombreux changements de plateaux, face aux enjeux techniques de la sonorisation d'instruments très variés allant de la voix au uilean pipe, en passant par les percussions mauriciennes, il a très vite été choisi de proposer une réalisation en live à laquelle est venu se surajouter des enregistrements réalisés et travaillés au préalable.


Là encore, les étudiants ont pu avoir la possibilité de travailler eux-même sur les prises de son, sur les effets, donnant possibilité à des essais, des bidouillages ... Très vite la nécessité d'une production finale au bout de 3 jours a hypothéqué cette méthode de travail, au profit d'une autre plus efficace.



François Robin, après concertation des idées, des envies et validation des formes, a pris en main les enregistrement et tout le travail d'effets, de modifications du son et de montage, laissant aux étudiants le soin de réaliser l'organisation du live.




Le reste de la masterclass a été consacrée à quelques apports théoriques et à un travail sur l'improvisation, la prise de parole "musicale", à l'analyse de propos. C'est Nikolaz Cadoret, harpiste et improvisateur, membre du collectif ARP (https://collectifarp.jimdofree.com) et professeur au Conservatoire à Rayonnement Régional de Brest (https://www.nikolazcadoret.com) qui est venu faire cet apport.



Hormis le travail musical, l'intervention de Nikolaz a permis au groupe non seulement de prendre du recul par rapport au travail débuté avec François, mais aussi de se souder un peu plus. Challenge d'autant plus important que cette année les étudiants en musiques traditionnelles accueillaient deux étudiants mauriciens inscrits en MAA et en Musique Classique, qui mènent un travail autour de la musique mauricienne et plus précisément du Sega Tipik.



William Ross et Mathieu Michel ont créé avec Etienne Brousse (un autre étudiant guitariste en musique classique à contemporaine) le trio Choro, traitant de sega mauricien. Ils  ont débuté un travail en lien avec le département Musiques Traditionnelles du Pont Supérieur. Ils ont été invités non seulement à se joindre aux autres étudiants "trads" pour cette résidence mais également à contribuer à l'apport du matériau de base en fournissant du répertoire de leur aire culturelle. Ces apports sont venus s'ajouter aux répertoires bretons mais aussi irlandais, auvergnats, suédois et d'Europe de l'Est proposés par l'ensemble des participants.



Au total, ce sont 75 minutes de programme qui ont été proposés à la soixantaine de personnes présentes dans le public, vendredi 31 janvier 2020 à 20h30, venu écouter le résultat du travail. Un programme débuté par le mois de février et terminé en janvier par un tutti dansant.



Cette résidence a été rendue possible non seulement grâce à l'accueil (hébergement, restaurations, salles de cours et de répétition) d'Amzer Nevez mais aussi à la mise à disposition de la grande salle, des ressources techniques qu'elles soient techniques ou humaines.


Grand merci à Daniel Le Guével, Marco Polo, toute l'équipe d'Amzer Nevez.

Merci aussi à Nikolaz Cadoret et François Robin.



Crédit photos et vidéos : Marc Clérivet & Guy Jégoux.





 


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