jean-félix hautbois

présentation du projet de recherche/création master

RECHERCHE UNIVERSITAIRe
 

     Dans les premières descriptions que font les folkloristes du XIXe siècle de l’instrumentarium breton, le tambour tient une place de choix : il fait partie de ce fameux « Orchestre National Breton », le trio biniou-bombarde-tambour. Pourtant déjà à l’époque on le place légèrement en retrait de ses deux compères, à eux-seuls entité surplombante et emblématique. Les commentateurs peinent à décrire le mode de jeu du tabouliner et nous transmettent une figure ambiguë : le tambour y est tantôt simpliste ou rudimentaire, tantôt essentiel à la réussite de la fête, et toujours remarqué. Les études plus récentes du revivalisme confirment ce paradoxe et n’apportent pas beaucoup plus de précisions quant au langage rythmique employé. Elles font état d’un déclin de l’instrument dans les musiques traditionnelles tout au long du XIXe siècle, malgré l’essor des musiques de fanfares et de la cristallisation sociale du joueur de tambour comme figure rassembleuse, pour ne recenser que très peu de « sonneurs » de tambour en activité au début du XXe siècle.

 

     Notre projet de recherche consistera donc à revenir sur l’ensemble des sources disponibles pour cette période, mais en élargissant le champ à ce qui peut permettre de comprendre le « bain » musical dans lequel ont évolué ces sonneurs de tambour (musiques populaires traditionnelles, musiques militaires, fanfares). Ainsi, nous essaierons de déterminer quel langage rythmique pouvait être exprimé à notre instrument et ce qu’une telle pensée musicale implique pour les musiques appelées aujourd’hui « traditionnelles ». Dans le même temps, nous étudierons la figure du sonneur de tambour et ses significations pour comprendre en quoi elle équilibre et articule ce paradoxe d’un musicien-image duquel nous ne connaissons que très peu la « voix ».

 

Création artistique

     En tant que batteur-percussionniste et chanteur, je souhaite élaborer une proposition musicale et artistique qui unifie ces deux aspects de mon langage, dans un répertoire soliste. Si chant et percussion peuvent être complémentaires (thème et accompagnement), ils peuvent aussi peiner à se rencontrer car se situant sur deux dimensions parfois parallèles, ayant leurs logiques propres (geste rythmique et geste mélodique).

 

     C’est donc pour moi l’occasion de relever un défi de langage, afin de trouver une expression plus personnelle, intime parce que rassemblée. Nourri par l’influence de ceux qui ont déjà emprunté cette voie auparavant, et par les allers-retours entre création et recherche, je travaille à donner un sens original aux chants populaires locaux en investissant ce qu’ils ont en germe de ressort rythmique.