fred miossec

projet de recherche master : premier semestre

DU BAL BOUGNAT AU SWING MUSETTE

Petite histoire d’un parricide et changement de genre d’un mot

 

QU’EST-CE QUE LE MUSETTE ?

C’est une question difficile tant son histoire est complexe, résultat d’une mosaïque d’influences et de métissages protéiformes. Pour faire court, on peut dire que c’est une musique à danser, populaire et que le mot, comme la forme musicale, est né à Paris à la fin du 19ème siècle.

 

UNE DATE ?

Vraisemblablement entre 1850 et 1900 grâce à l’émigration auvergnate sur « Paname », et l’arrivée des joueurs de cabrette ou (chabrette) que les parisiens vont appeler « la musette ».

 

COMMENT ?

A la fin du 19ème siècle, il n’y a pas de sonorisation : la musique est acoustique. On peut alors distinguer plusieurs formes d’expression (ou lieux de musique) : la salle de concert-théâtre et le salon de musique (pour les classes les plus aisées), la musique de kiosque ou bien encore le café- concert (plus populaire et accessible aux classes ouvrières). C’est dans ce dernier que les joueurs de cabrette, souvent solo, vont s’épanouir et crée le bal du dimanche après-midi (valses, bourrées, mazurkas…). Ils finiront par s’associer à l’accordéon d’origine italienne. Succès et naissance d’un genre musical : le bal à la musette. C’est un vrai business qui se met en place avec une certaine forme de professionnalisation.

 

Mais l’histoire est souvent sélective. Et ce qui devait arriver, arriva ! L’accordéon connut fin 19ème et début 20ème sa grande révolution : de petite boite diatonique (compagnon idéal de la cabrette), il mua et évolua vers l’instrument chromatique aux infinies possibilités qu’on pratique aujourd’hui. Laissant sur le carreau la pauvre cabrette, qui ne put s’adapter à cette transformation musicale. Le duo éclata, et l’accordéoniste délaissa le cabrétaire, se choisissant des accompagnateurs plus à même de souligner son jeu (batterie, contrebasse, banjo…), s’accaparant au passage le mot musette, les occasions et les aires de jeu. On peut lire alors des commentaires assez belliqueux envers l’accordéon, telle celle du cabrétaire Marcelin Gerbal dans une lettre adressé en 1909 à Antonin Meyniel (rédacteur en chef de la revue artistique La Musette).

 

« Accourez à notre secours. Aidez nous à chasser les accordéons qui écrasent notre pays. Mort à ces armoires de nationalité étrangère, bonnes tout au plus à faire danser les ours, mais absolument indignes de délier les jambes de nos charmantes Cantaliennes. »

 

Ces diatribes trahissent (à mon sens) une rivalité, une frustration et une rancœur liées au sentiment de s’être fait déposséder d’un business-model, laborieusement mis en place depuis le milieu du 19ème siècle sur Paris.

 

PROJET :

De l’association cabrette/accordéon de 1900 au Swing-Musette des années 1940, en passant par la chanson populaire et réaliste des années 1920, création d’un spectacle autour de ces trois éléments constitutifs du répertoire dit « guinguette », et retraçant l’histoire et l’évolution du mot musette.

 

EQUIPE DU PROJET : (sous l’appelation « WHAT’S UP ») ANNE LAURE GUENOUX (vox)

FRED MIOSSEC (clarinette)

JEAN SEBASTIEN HELLARD (accordéon)

DAMIEN GUITET (guitare)

YVES POL RUELLOUX (contrebasse)